- Hello Ben, tout d’abord, pourquoi une compil ?
Salut Eric. J’avais l’idée d’une compilation pour mes quinze ans de carrière (carrière entre guillemets). J’avais déjà réalisé une compilation en 2000 qui proposait un titre extrait de mes 18 premiers disques, plus deux inédits. Ça fait cette fois, au final, un disque de 24 titres, un peu long à écouter, mais on n’est pas obligé de l’écouter d’un seul coup. Le cd, avec ses index et la lecture aléatoire, permet de faire ce qu’on veut. Et puis, on peut ne pas l’écouter du tout également. Une longue compilation permet d’avoir une vue plus large de ce que je fais.
- Comment s’est opéré le choix des titres ? Leur ordre ?
Au départ, je pensais compiler ce que j’avais fait depuis la précédente compilation dont je parlais tout à l’heure. Je suis parti sur l’idée saugrenue de rééditer sur des disques longs ma discographie complète, dans un ordre chronologique inversé. Y a du dépoussiérage dans l’air, du mastering à faire et pour ce que j’ai fait avant 2002, il faudrait que je transfère tout de l’analogique au numérique pour remixer, vu que je n’ai plus l’équipement nécessaire. Ça se fera peut être petit à petit. Pour l’ordre des titres, ça a été une savante réflexion de quatre secondes maximum. Le feeling, comme pour tout ce que je fais. J’ai mis 24 des 26 titres que j’ai sortis entre 2004 et 2006, les deux derniers ne rentraient pas sur le cd.
- Pourquoi avoir choisi “Même pas peur” comme titre générique ?
Parce que la peur est l’enjeu de notre société. La peur des étrangers, la peur des autres. Les politiques jouent là-dessus jusqu’à l’écoeurement. Le mien peut être. Même pas peur ! La chanson titre parle de perdre le contrôle, quand dans nos sociétés on cherche le risque zéro et le contrôle de tout. Plus de faux pas, on va vous faire rentrer dans le rang, non mais ! La jaquette du cd propose une relecture à l’éclairage des évènements des banlieues et des enjeux des prochaines élections présidentielles en France. Le social, l’humanitaire ont été balayés par le karchër de la peur et de la haine de l’autre. Hurlons leur : « Même pas peur ! »